Une incontournable réalité alimentaire

Former des aidants de terrain à l'EFT : c'est autour de cette volonté que l'association s'est créée. Former des aidants, pour qu'à leur tour ils puissent atténuer les souffrances psychiques et physiques des personnes en demande. C'était notre but, et nous nous sommes rendus en Haïti dans cet objectif, et c'est dans cet objectif que nous étions attendus.
Nous avions tout préparé : la logistique, l'intervenant, nos moyens personnels et même l'ours Tappy que les petits américains tapotent pour leur faciliter l'apprentissage de l'EFT et la projection émotionnelle. Tappy était là, blotti au chaud dans nos valises, entouré d'autres peluches et poupées anonymes, de jouets, de crayons, de ballons, et même de médicaments pour les enfants. On avait tout prévu ! On avait écrit et répété une comptine en français et en créole pour travailler avec les enfants et notre ami Tappy ! On avait vraiment tout prévu, et surtout, on était restés ouverts, perméables pour mieux donner et plus recevoir. On a reçu beaucoup avec l'arrivée de ce groupe d'enfants !  ils avaient marché 45 minutes sous le soleil rageur de la mi-journée dans des chemins cabossés, souillés par la pluie de la veille. Leurs jambes chocolatées maculées par ces tâches de boue crasseuse et épaisse.

Ces enfants trop sages qu’on aborde trop directement. Le temps de comprendre qu’il leur fallait du temps pour nous apprivoiser, pour vouloir de nous, pour collaborer avec nous. Le temps de juste nous poser  dans leur espace et les laisser nous regarder, nous parler, nous questionner, nous choisir, toucher la peau blanche de Jean-Michel, les poils éclaircis de ses bras rougis par le soleil, la comparer à la leur, rechercher nos sourires… généreux….
Et la magie opère, encore plus vite que l’EFT.
Ces enfants dans nos bras, de long moments, d’interminables moments en quête de caresses, de tendresse pour ceux qui n’ont plus la chance d’avoir encore leurs parents. Ces tout petits, ces moins petits calés dans mes bras. Je ne sais plus si ce sont mes mains qui ont caressé leurs corps ou si de leurs corps ils sont venus rendre mes mains plus douces, plus câlines. Je ne sais plus combien sont venus se serrer contre moi, combien de baisers appuyés j’ai pu laisser sur leur peau, dans leur cou et sur leur joues. Je sais juste les émotions humides qui demeurent encore à écrire ces mots. Je sais juste leurs regards quand ils sont venus offrir à mon objectif leur innocence d’enfants.

C’était juste avant qu’ils ne disent qu’ils avaient faim. C’était aussi 2 jours avant que nous nous rendions dans leur orphelinat, chez Gustave qui les avait conduits jusqu’à nous pour nous éviter de découvrir le lieu où il recueille en permanence une trentaine d’orphelins depuis le séisme. Dans ce lieu qu’il a honte de nous montrer, il accueille 170 enfants en journée pour qu’ils échappent à la réalité insoutenable des enfants des rues. Il tente de leur donner une éducation, se débrouille pour les habiller, les installe la nuit dans des conditions tristement locales pour leur éviter l’errance. Nous étions restés ouverts, et nous avons pris cela en plein visage et en pleine résolution. Nous étions venus pour former à l’EFT des aidants , et il nous fallait subvenir aux besoins primaires de 170 enfants et quelques adultes qui espèrent juste pouvoir manger chaque lendemain en nous disant pudiquement, qu’ici, ils ne manquent de rien.

On avait tout prévu, mais dès cet instant, il nous faudra improviser, Jean-Michel avec sa monnaie locale tirée d’une banque péniblement trouvée le matin et moi avec les euros que je destinais à l’achat de souvenirs. Nos pensées convergent dans la même direction : celle de l’urgence, celle de l’humanité, celle d’une boutique de stock alimentaire en gros dont la patronne attend notre arrivée tardive à la demande du père Clark, parce qu’aujourd’hui c’est fête et que tout ferme très tôt.
On se transforme en Père-Noël. Demain, les enfants boiront du lait, et le repas sera agrémenté de harengs saurs. On remplit notre camionnette de nourriture essentielle. Peu variée en définitive pour les pères-noël occidentaux que nous sommes, mais ça correspond à ce que Gustave évoquait.

 

Il nous est arrivé à tous de jouer les Pères-Noël au moins une fois dans sa vie, mais on sait maintenant qu’il nous faudra votre aide pour accomplir l’essentiel pour ces enfants : manger régulièrement, apprendre dans une école que Energies Psy Sans Frontières ambitionne de leur offrir et dans laquelle l'aspect émotionnel nécessaire à l'épanouissement humain pourra se panser et se développer grâce à l'EFT.

C'est dans ces conditions que nous pourrons pleinement accomplir notre mission ...

 

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